mardi 7 février 2012

Un anniversaire mémorable !

En ce samedi 4 février, je fête mes 32 ans. Une journée mémorable où je me suis offert comme cadeau ... la journée la plus trash du voyage !
Retour en arrière, tout avait bien commencé, avec un bon petit déjeuner dégusté au soleil levant.


Mais cela n'allait pas durer... Dès les premiers hectomètres, je dois pousser ¡Caramba! régulièrement sur une piste sablonneuse composée d'une succession de montées et descentes très raides.


Arrivé sur un plateau, la piste s'aplanit et le sable laisse place à un champ de caillasse me donnant l'impression d'évoluer sur un pierrier ! Surtout, le vent se met à souffler de plus en plus fort. Certaines rafales sont si violentes qu'elles me stoppent net. Lorsque je fais une pause, ça n'est pas mieux : j'ai du mal à tenir debout et à deux reprises ¡Caramba! – qui pèse tout de même près de soixante kilos avec les bagages - se fait renverser.
Je suis obligé d'aller puiser très loin dans mes ressources mentales pour progresser sur cette ligne droite monotone. Je ferais bien du stop mais il n'y a quasiment personne sur cette route, moins de dix voitures par jour. Et les quelques vacanciers s'arrêtant spontanément pour me proposer de l'eau et de la nourriture n'ont pas la place de m'embarquer avec ¡Caramba!

Vers 16 heures, le vent gagne encore en intensité et j'avance à moins de cinq kilomètres par heure. Quelques minutes plus tard, une rafale de côté d'une violence incroyable me renverse et me fait carrément partir en tonneau ! Je me retrouve bloqué sous ¡Caramba!. J'arrive à me dégager mais à ce moment, mes lunettes tombent et se font emporter par le vent !
Avec la plus grande difficulté, j'arrive à remettre ¡Caramba! sur ses roues et à l'aligner dans l'axe du vent. Puis par chance, je retrouve mes lunettes quelques mètres plus loin, complètement rayées, … mais sans mes verres correcteurs (j'ai des lunettes de sport avec verres interchangeables, derrières lesquels viennent se clipser les verres correcteurs). Je me retrouve au milieu de la Route 40, c'est-à-dire au milieu de nulle part, sans pouvoir avancer et sans lunettes de vue, puisque mon autre pair a été volée à San Martin de Los Andes. Je vis un cauchemar, de loin la pire journée de mon voyage ! Après cinq minutes de recherche à quatre pattes, je retrouve miraculeusement mes verres correcteurs. Complètement sonné par ce qu'il vient de m'arriver, je me pose quelques minutes sur le bord de la route. Ayant repéré un gros rocher à quelques mètres de là me permettant de m'abriter du vent, je décide de m'arrêter pour plusieurs heures car cela devient trop dangereux de continuer vu mon état de lucidité.


J'espère pouvoir reprendre la route de nuit, moment où le vent est censé tomber. En attendant, je m'installe comme je peux et m'endort rapidement. Je me réveille en début de soirée et célèbre mon anniversaire avec un dîner de fête : une boite de thon, quelques galettes salées, une banane et deux carrés de chocolat !
Puis je me recouche et me réveille toutes les heures pour suivre l'évolution du vent. Mais celui-ci ne se calme pas. Je ne quitte ainsi mon rocher que le lendemain matin et reprend la route dans un état d'épuisement physique et surtout mental avancé. Le cauchemar continue et semble ne jamais s'arrêter. Je crois n'avoir jamais repoussé si loin mes limites. Je ne suis même plus dans le dépassement de soi, je suis en train de devenir fou ! Je me mets à divaguer, entamant un dialogue solitaire avec ¡ Caramba ! Si vous voulez avoir une idée de mon état à ce moment-là, je vous invite à allez voir les vidéos de Gérard d'Aboville lors de sa traversée à la rame de l'Océan Atlantique.
Mais je n'ai pas d'autres choix, il me faut avancer … Après une nouvelle journée de souffrance, j'arrive enfin à Tres Lagos, une petit village sans aucun charme mais synonyme de délivrance et de paradis pour moi. Je m'offre, avec un jour de retard, une confortable chambre d'hôtel et un bon repas, pour fêter mon anniversaire.

Bien reposé, je reprends la route en direction d'El Chalten – distant de 120 kilomètres - plein d'entrain puisqu'à partir de Tres Lagos la Route 40 est de nouveau une belle route asphaltée. Mais le sort semble vouloir s'acharner puisqu'après seulement trois kilomètres, je crève. Le ripio de la Route 40 a été terrible et mes pneus n'ont presque plus d'épaisseur. J'espère tout de même pouvoir atteindre El Chalten.
Après 35 kilomètres, j'arrive à l'intersection menant à ce village. El Chalten n'est en effet pas situé sur la Route 40, mais au fond d'une vallée. C'est par là que j'aurais dû arriver si j'avais pris la Carretera Austral jusqu'au bout. Cela représente un aller-retour de 180 kilomètres mais qui vaut la peine d'être entrepris. El Chalten est en effet situé au pied du fabuleuse chaîne de montagne dominée par le sublime Mont Fitz Roy (3.400 mètres d'altitude).



J'espère pouvoir arriver là-bas ce soir malgré le vent, car les 90 kilomètres menant à El Chalten s'effectuent avec vent de face...
Mais le miracle ne se produit pas. Comme tous les jours, le vent forcit dans l'après-midi, rendant ma progression très difficile. Une nouvelle rafale d'une rare violence me fait même de nouveau partir en tonneau. Dans la chute, mon genou s'écrase violemment sur le sol. La douleur est intense et pendant quinze minutes, je ne peux plus bouger la jambe. Le cauchemar, toujours et encore. Voilà une semaine que je suis en enfer. Une semaine de souffrance où les sources de plaisir et de satisfaction on été rares. La semaine plus éprouvante de mon voyage ...

Mais je ne veux pas m'arrêter là et repart tant bien que mal. Je pédale jusqu'au coucher du soleil et trouve un endroit à l'abri du vent. J’engloutis rapidement 500 grammes de pâtes et me couche à même le sol, sans installer la tente. A quatre heures du matin, je me fais réveiller par la pluie et constate que le vent s'est calmé. Je saisis cette opportunité et me mets en route à la lueur de ma lampe frontale. Je bénéficie de deux heures de répit mais rapidement les conditions se dégradent et deviennent extrêmes : brouillard, température polaire, trombes d'eau me fouettant le visage, vent soufflant encore plus fort que la veille. A plusieurs reprises, je passe près du tonneau. Mais après cinq heures d'effort, j'aperçois enfin El Chalten.
J'arrive là-bas en milieu de matinée, soulagé. Je suis sale, affamé, épuisé. J'ai vraiment besoin de récupérer...

vendredi 3 février 2012

L'enfer de la route 40 – Deuxième partie

Revigoré par un superbe lever de soleil, je termine la ligne droite de 70 kilomètres entamée la veille, avant de retrouver avec joie un virage et l’asphalte. Sur ma carte, un village est indiqué à une trentaine de kilomètres de là. J'espère y trouver de quoi me ravitailler car j'ai épuisé mes vivres. Mais arrivé sur place, je ne trouve qu'une seule maison, celle de l'intendant régional de la Direction des Routes. Il m'indique qu'il n'y a aucun village sur la route avant 300 kilomètres. La seule solution pour trouver de la nourriture est de quitter la Route 40 pour gagner la bourgade de Gobernador Gregores. Cela représente un détour de 70 kilomètres mais je n'ai pas le choix. J'embarque 10 litres d'eau et me mets en route. La route menant à Gobernador Gregores est également en travaux. Une grande partie est déjà asphaltée mais n'est pas encore ouverte à la circulation. Un responsable des travaux m'invite cependant à l'emprunter. Malgré le vent - toujours défavorable -, le trajet est agréable car je retrouve un paysage vallonné rompant la monotonie de la pampa plane.


J'arrive à Gobernador en fin d'après-midi et me pose dans un hospedaje afin de fuir provisoirement le vent. Car ce vent, qui ne s'arrête jamais, rend fou. Non seulement il m'est défavorable la plupart du temps lorsque je suis sur le vélo, mais il m'empêche aussi de monter ma tente et nécessite une attention de tous les instants. Un gant ou un paquet de biscuit posé par terre et c'est fini, le vent l'emporte immédiatement.

Depuis Gobernador, des bus partent pour El Chalten. Je me donne la soirée pour réflechir : prendre un bus ou poursuivre ce défi. Après un bon repas et une nuit de repos, je choisis finalement de continuer en vélo. Je suis à moins de 180 kilomètres du village de Tres Lagos - où la route redevient asphaltée - que je devrais pouvoir atteindre en deux jours. Je fais le plein de provision et me mets en route pour regagner la Route 40 par le Sud.

Assez vite, je regrette ma décision car la piste est extrêmement mauvaise. Une voix me dit de faire machine arrière mais je ne l'écoute pas. Je continue sur cette piste très difficile avec un vent de face de plus en plus puissant. Je suis de nouveau complètement seul. Pas un signe de vie, pas une voiture de la journée. Je me demande alors pourquoi je m'inflige cela. Car, j'ai beau chercher, je ne trouve aucun plaisir à lutter ainsi contre les éléments, hormis peut-être le dépassement de soi. Heureusement, j'ai le ciel avec moi puisqu'un soleil éclatant m'accompagne globalement depuis mon départ de Perito Moreno. Après soixante kilomètres de lutte, je retrouve la Route 40 où j'espère trouver une piste en meilleur état. Hélas, ça n'est pas le cas, bien au contraire. Je ne trouve que du sable profond recouvert de grosses caillasses et toujours ce vent de Patagonie.



Aux termes de deux heures d'effort durant lesquelles je parcours une ligne droite et plate de dix kilomètres, je découvre, à la faveur d'une descente, un panorama somptueux donnant sur le Lago Cardel. Ce paysage, magnifié par le coucher de soleil, justifie à lui seul les énormes efforts consentis toute la journée. Cerise sur le gâteau, en bas de la descente, je trouve un bel endroit bien abrité me permettant de monter de ma tente et de passer une belle soirée.



mercredi 1 février 2012

L'enfer de la Route 40 !

Arrivé dans la ville de Perito Moreno – qui n'a rien à voir avec le mondialement connu glacier du même nom, situé à 700 kilomètres de là -, je me ravitaille et décide de m'engager dans cette aventure mais sans réelle conviction. Mon enthousiasme modéré est réduit à néant par une crevaison intervenant quelques kilomètres après la sortie de la ville. Puis, le coup de grâce. Je découvre, médusé, que toute la bande de roulement de mon pneu droit est complètement usée, alors même que j'ai changé ce pneu il y a moins de 1.500 kilomètres ! Je remonte alors mon vieux pneu que j'avais gardé par précaution en espérant qu'il tiendra.

Alors qu'une partie de mon cerveau me dit de retourner à Perito Moreno pour passer la nuit et faire le point, un autre partie me pousse à continuer. J'écoute cette dernière et progresse rapidement, porté par un fort vent de dos. Après une quinzaine de kilomètres, je réalise que je ne suis pas sur la bonne route. Je n'ai alors pas d'autre choix que de faire demi-tour, avec vent de face donc. Je paie ainsi très cher cette erreur de parcours et met près de trois heures pour regagner Perito Moreno où je passe la nuit dans un camping abandonné.

Je réfléchis une bonne partie de la nuit sur la suite à donner au voyage : prendre un bus jusqu'à El Chalten ou tenter l'aventure à vélo. C'est cette dernière option que je choisis. Je sais que cela va être difficile mais je suis venu ici pour faire du vélo, pas pour prendre le bus.

Dès la sortie de Perito Moreno, je me retrouve complètement seul. Devant moi, s'étend à perte de vue la pampa. Un peu de musique « péchue » dans les oreilles me donne le courage de m'élancer sur la Ruta 40 pour 700 kilomètres de désert.
Les premières heures se passent bien. Je suis porté par un vent de trois-quart dos et un paysage magnifique. Car à cet endroit, la pampa est encore un peu vallonnée avec des collines multicolores. Ce décor me rappelle l'outback australien de la région de Coober Peddy alors même que la Patagonie chilienne – distante de quelques kilomètres - m'a fait penser à la Nouvelle-Zélande.




L'enchantement ne dure cependant pas longtemps. Après soixante kilomètres, la route change de direction et je dois désormais affronter un terrible vent de trois-quart face. Trente kilomètres plus loin, la situation ne s'arrange pas puisque l'asphalte fait place à une piste très mauvaise, avec un revêtement de grosses caillasses reposant sur un sol sableux. Je regrette alors de n'avoir pas pris le bus. Et l'auto-stop n'est pas envisageable car il n'y pas personne sur cette route. La seule solution pour sortir au plus vite de ce cauchemar est donc d'avancer. Sur ma carte, un village est indiqué à 130 kilomètres de Perito Moreno. Peut-être pourrais-je prendre le bus là-bas. Je me fixe donc comme objectif de l'atteindre ce soir. J'y arrive à 23h00, épuisé après plus de douze heures de pédalage. A mon arrivée, tout le village dort déjà. Le vent souffle tellement fort qu'il est inimaginable de planter la tente. Je trouve donc refuge derrière une haie à la sortie du village et dort à la belle étoile après m'être cuisiné rapidement 500 grammes de pâtes. Je me lève à l'aube et découvre un village minuscule où aucun bus ne s'arrête. Je n'ai pas le choix, il me faut continuer.

Malgré un vent toujours aussi fort, ma deuxième journée commence un peu mieux puisque je retrouve une route asphaltée.


Mais cela ne dure pas et très vite, je retrouve un ripio d'une très mauvaise qualité. En réalité, tout le tronçon de la Route 40 que j'emprunte est en travaux et devrait être asphalté dans quelques années. En attendant, la circulation s'effectue sur une piste parallèle provisoire pour laquelle aucun travail d'entretien n'est effectué. En plus du vent et de la caillasse, je dois donc composer avec les engins de chantier qui me recouvrent de poussière à chaque manœuvre.
Pour couronner le tout, j'évolue désormais sur une interminable ligne droite. En fin de journée, alors que je roule sur cette ligne droite depuis plus de sept heures, des ouvriers travaillant à la construction de la route me proposent de partager avec eux un maté. Pendant ce moment de convivialité - véritable institution en Argentine – ils m'indiquent un lieu à quelques kilomètres de là où je pourrais dormir à l'abri du vent.
L'endroit, en effet, est bien abrité, mais beaucoup trop petit pour planter la tente. Tout comme la veille, je me couche la tête dans les étoiles. Cette nuit à la belle étoile me permet aussi d'admirer un fabuleux lever de soleil. C'est certainement ce ciel magique de Patagonie qui me donne la force de continuer.

lundi 30 janvier 2012

Le doute s'installe …

Je profite de ma pause à Coyhaique également pour faire le point sur la suite de mon itinéraire car plusieurs cyclistes rencontrés au cours du voyage m'ont mis en garde sur un tronçon visiblement infranchissable pour moi. En effet, après Villa O'Higgins, la piste laisse place à un sentier extrêmement étroit – une soixantaine de centimètres par endroit - se faufilant au milieu d'une végétation dense.
Dans d'autres circonstances, j'aurais certainement tenté de passer mais avec tous les ennuis mécaniques que j'ai connu, je préfère jouer la sécurité. A contre cœur, je renonce donc à la partie sud de la Carretera Austral, réputée la plus belle et la plus sauvage.

Après deux jours de repos, je m'élance donc de Coyhaique en direction du Lago General Carrera - deuxième plus grand lac d'Amérique du Sud - pour mes derniers kilomètres sur la Carretera Austral. Durant l'ascension de la Cuesta del Diablo, j'aperçois l'immense étendue de la pampa argentine qui m'attend pour les prochains jours.



Puis l'horizon se bouche et le ciel se charge de nuage. Pour la première fois depuis mon départ de Puerto Montt, je rencontre (enfin !?) des conditions météorologiques « patagonesques » ! : pluie, brouillard, fortes bourrasques de vent, …
Cela pourrait sembler un cauchemar, mais ça n'est pas le cas car ce genre de paysage est peut être encore plus grandiose lorsque les éléments se déchaînent. Je suis même heureux d'admirer ces paysages uniques dans les conditions régnant ici dix mois sur douze. Arrivé au sommet entre deux averses, je bénéficie d'une vue époustouflante sur la vallée du Cerro Castillo. Je reste un long moment bouche bée devant ce paysage grandiose où se termine mon trajet sur la Carretera Austral.




Puis je bifurque donc en direction de l'Est, à contre cœur. Mais la beauté de la route, se faufilant entres plusieurs lacs et des montagnes pyramidales, me console rapidement de mon changement d'itinéraire. La journée se termine même en apothéose avec l'arrivée sur le Lac General Carrera aux eaux turquoises.




Je gagne ensuite le village de Puerto Ibanez, où la route se termine. Je compte y passer la nuit avant de m'embarquer le lendemain sur un ferry pour Chile Chico, de l'autre côté du lac. En ce samedi soir, le village semble désert, comme abandonné. Je trouve finalement une personne qui m'apprend que le prochain ferry ne part que le lendemain soir. Me voilà donc bloqué 24 heures dans ce village glauque. Et comme si cela ne suffisait pas, la pluie qui s'était calmée repart de plus belle.

Trouvant porte close au camping municipal, j'installe ma tente à l'écart du village, près de l'embarcadère, et m'y réfugie rapidement pour me mettre à l'abri de la pluie battante. Celle-ci tombe toute la nuit et, ajoutée à un vent violent faisant claquer la toile de ma tente dans un vacarme assourdissant, je ne ferme pas l’œil de la nuit.
Epuisé par cette nuit blanche, je me réfugie au petit matin sous un préau en construction à l'abri du vent et de la pluie, et passe la journée dans mon trike à dormir et travailler ma grammaire espagnole.

Juste avant d'embarquer sur le ferry, je retrouve Willy, un backpacker américain rencontré au camping de La Junta, sur la Carretera Austral. Je le quitte trois heures plus tard, lorsque nous arrivons à Chile Chico, alors qu'il fait déjà nuit depuis longtemps. A la lueur de ma frontale, je m'éloigne du village et m'installe en bord de lac. Le vent et la pluie, qui ne se sont pas calmés depuis la veille, ne me facilitent pas la tâche pour installer ma tente. Les nombreuses pierres me permettent cependant de mieux assurer ma tente que la veille. En revanche, elles ne constituent pas un tapis très confortable, surtout avec mon matelas percé que je n'ai pas réussi à réparer. Mais je suis tellement fatigué que je m'endors rapidement et ne me réveille qu'au lever du soleil.

Le lendemain matin, le vent est presque tombé et il ne pleut plus. Je profite de cette accalmie pour me mettre rapidement en route et gagner la frontière argentine, distante de quinze kilomètres.
Je continue de longer le lac Carrera - qui en Argentine prend le nom de Lago Buenos Aires - pendant plusieurs kilomètres avant de m'enfoncer dans la pampa argentine.



Plus j'avance et plus je découvre un paysage désolé qui me terrifie. Le doute s'empare alors de moi. Vais-je avoir le courage d'entreprendre une nouvelle traversée de désert ? Car sur ma carte, il n'y a rien sur des centaines de kilomètres. Rien d'autre que de la pampa à perte de vue...

vendredi 27 janvier 2012

Carretera Austral, deuxième tentative !

¡Caramba! ressuscitée par Docteur Luis, je peux m'embarquer sur le ferry pour Chaitén afin de reprendre mon voyage là où je l'ai arrêté.
Arrivé au petit matin à Chaitén, je me mets immédiatement en route, non sans une certaine appréhension, ne sachant pas si la réparation va tenir sur cette route éprouvante pour le matériel qu'est la Carretera Austral. Je roule prudemment, à l'écoute du moindre bruit suspect et passe le virage où j'ai cru que l'aventure était terminée avec soulagement. Il ne s'agit cependant pas de s'emballer car après trente kilomètres l'asphalte fait place à une piste caillouteuse assez dégradée.

Je me fais dépasser par quatre cyclistes chiliens et un brésilien rencontrés sur le bateau. Ceux-ci me doublent presque sans un mot. Alors qu'au Pérou ou en Bolivie la rencontre d'un cycliste constituait l'événement de la journée, ici ça n'est pas le cas. Sur cette route magique, deux types de cyclistes se côtoient ainsi : ceux voyageant depuis de long mois – on les reconnaît aisément avec un matériel usé et une longue barbe - et ceux effectuant uniquement le trajet de la Carretera Austral. Alors que les premiers s'arrêtent systématiquement à la vue d'un vélo, les seconds vont rarement plus loin qu'un rapide salut.

Arrivé en fin de journée à Villa Santa Lucia, un village sans charme fondé en 1982 dans le cadre de la construction de la route, je m'arrête seulement le temps de faire le plein de provisions. Pourquoi payer pour un camping miteux dans village glauque - comme ont prévu de le faire les autres cyclistes - alors que quelques kilomètres plus loin, un magnifique endroit au bord du Rio Frio n'attend que moi ?


Le lendemain, sous un soleil radieux, je m'élance sur la Carretera encore plus prudemment que la veille car la piste est de plus en plus en plus dégradée. Le profil de la route - une succession de montées et descentes - n'arrange pas non plus mes affaires. J'ai tellement peur de briser de nouveau mon cadre que j'effectue les descentes agrippé aux freins. Résultat, je mets plus de huit heures pour parcourir une soixantaine de kilomètres et rallier le village de la Junta où je retrouve le cycliste brésilien. Cette fois, je me paie un camping pour prendre une bonne douche chaude. C'est aussi l'occasion de rencontrer d'autres voyageurs – cyclistes et backpackers - avec qui je passe une agréable soirée.

Les jours suivant, la Carretera se fait de plus en plus sauvage. J'enchaîne les panoramas somptueux, me donnant l'occasion d'admirer lacs, montagnes et fjords.






Le spectacle est rendu encore plus beau par un grand ciel bleu m'accompagnant la plupart du temps et un trafic quasiment inexistant. Chaque bivouac me donne également l'occasion de profiter de sublimes couchers de soleil et de ciels étoilés d'une rare intensité.
Emporté par la magie des lieux et des longues journées de l'été austral, j'effectue de longues étapes - plus de huit heures de pédalage chaque jour -, me permettant de rattraper le retard pris avec mon avarie. Cinq jours après mon départ de Chaitén, j'arrive ainsi à Coyhaique. Une arrivée en fanfare, mon compteur affichant désormais dix mille kilomètres parcourus.

Située exactement au milieu de la Carretera Austral, Coyhaique est la seule véritable ville de la Patagonie chilienne. Point de passage obligé pour les voyageurs en transit vers le nord ou le sud du Chili, ou vers l'Argentine, la ville est très touristique. Après plusieurs jours de solitude, le retour à la civilisation est donc quelque peu brutal. Malgré les hordes de touristes je décide de faire étape ici car j'ai besoin de me reposer. Je m'installe dans une chambre d'hôtel, la première depuis Santiago du Chili. Mais après un mois sous tente ou à la belle étoile, j'ai perdu l'habitude de dormir entre quatre murs. Je passe de très mauvaises nuits, pris dans des rêves de claustrophobie où les murs se rétrécissent jusqu'à m'écraser ! Cette pause à Coyhaique me permet tout de même de reprendre des forces, notamment en dégustant de délicieuses truites dont les environs regorgent et qui attirent d'ailleurs des amateurs de pêche sportive du monde entier.

10.000 bornes !!!

Bonjour à tous,

Un court message pour vous dire que je viens de mettre le blog à jour au niveau des photos, non seulement dans les articles, mais également dans les différents albums Picasa (les liens se trouvent sous la rubrique "Albums Photos" ). J'ai ausi ajouté des légendes à toutes les photos qui en étaient dépourvues, c'est-à-dire depuis le Nord de l'Argentine.

Je vous écris depuis Coyhaique - LA ville de la Patagonie chilienne -, située au milieu de la Carretera Austral et tout va bien. La réparation sur mon cadre semble tenir le coup même si je pilote désormais très prudemment, en particulier lorsque la piste est mauvaise

J'ai profité de ma pause ici pour me payer un hôtel - le premier depuis Nöel. Je me suis aussi payé un bon gueuleton pour fêter la barre symbolique des 10.000 kilomètres que j'ai franchi juste avant d'entrer dans la ville.

Je repars demain en direction du Lago General Carrera sur cette route magique qu'est la Carretera Austral...

vendredi 20 janvier 2012

Je vais arriver au bout !

Bonjour à tous et bonne année 2012!


je suis enfin de retour sur le blog après une longue absence. Vous allez voir qu'il m'est arrivé pas mal de choses ces derniers temps! Je viens d'ajouter six billets et vouz avez de quoi faire, j'en ai écris des tartines!

En revanche, je n'ai pas eu le temps de trier mes photos donc ca sera pour plus tard.

Je prends ce soir le ferry pour Chaiten pour reprendre ma route là où je l'ai terminée ...

Dimitri