lundi 5 septembre 2011

Immersion dans la culture Inca

Je profite jusqu’au bout de ma comfortable chambre d’hôtel et m’octroie une grasse matinée jusqu’à 7h! Je constate avec satisfaction que le ciel est légèrement couvert – mais sans être menaçant – procurant une température plus agréable que les jours précédents.  En allant récupérer ¡Caramba! dans le garage de l’hôtel, j’ai la désagréable surprise de trouver mes deux pneus avants à plat. Les réparations effectuées n’ont donc pas tenu le coup. Il faut dire que ces chambres à air commencent à être sérieusement fatiguées. Heureusement, j’ai profité de ma pause ici pour reconstituer mon stock de chambres.
Après avoir réparé, je me mets en route, mais très vite, je suis arrêté par des habitants jeunes et mois jeunes qui m’assaillent - de manière très sympathique - de questions sur mon voyage et sur ¡Caramba!. Je ne quitte donc réellement Abancay qu’à 9h15. Me voilà alors parti pour 38 kilomètres d’ascsension. Mais il ne fait pas trop chaud et la pente offre régulièrement des moments de répits. J’arrive donc au sommet relativement frais même s’il me faut tout de même cinq heures pour boucler ces 38 kilomètres. J’entame ensuite une belle descente donc je ne connais pas l’issue. Après une heure de descente, j’aperçois au loin, dans le sens inverse, deux cyclotouristes. Il s’agit de Raphaëlle, française, et de son ami Frank, allemand (www.ailleurs.de).

Ils roulent depuis huit mois en ayant traversé le Chili, l’Argentine, l’Uruguay le Paraguay et la Bolivie, et pensent terminer leur parcours à Panama ou en Colombie en fin d’année, voire début d’année prochaine. Nous échangeons quelques conseils. Ils me donnent notamment les coordonnées d’un hôtel à Cusco dans lequel descendent visiblement tous les cyclotouristes de passage. Ils m’apprennent également qu’un suisse en vélo couché et qui voyage tout comme moi de Quito à Ushuaia me précède d’une heure. Je reprends la route et continue ma descente pendant encore une bonne heure. Je m’arrête sur le bord de la route peu avant le coucher du soleil.
Je me situe à environ 2.000 mètres d’altitude mais il fait tout de même très chaud et la température baisse peu pendant la nuit. Je ne dors pas très bien. Je reprends ma descente mais au bout de deux kilomètres, je dois faire avec une nouvelle crevaison à l’avant. Je trouve deux épines planté dans le pneu, dont la gomme est trés usée après 3.400 kilomètres. Je décide donc de les changer et de monter les deux pneus de rechange que je transporte depuis le début du voyage. Lorsque je repars, il fait chaud  et j’entame un long faux plat très usant jusqu’à Limatambo où j’arrive un peu avant midi. Je m’y ravitaille car c’est le dernier bourg important avant de nombreux kilomètres. A la sortie du village, à l’entrée des ruines  Incas de Tarahuasi, un important attroupement s’est formé. Deux hommes m’arrêtent et m’indiquent qu’une fête Inca va commencer et m’invitent à y assister. Sous la bénédiction de la police, ils m’aident à pousser ¡Caramba! jusqu’au lieu de la célébration, sous les yeux éberlués d’une foule grandissante. Un employé du ministère de la Culture se précipite vers moi pour me réclamer les 10 soles de droits d’entrée appliqué aux étrangers. Il se fait vite réprimandé par les hommes m’accompagnant et fait demi-tour sans que j’ai eu le temps de sortir mon porte-monnaie! En attendant le début de la cérémonie, retransmise en directe à la télé péruvienne, un journaliste vient m’interviewer. Je dois dire que je suis plutôt fier de moi car j’ai compris toutes ses questions et y ai répondu sans baffouiller.
Débute ensuite la cérémonie. J’assiste alors à une formidable fête traditionnelle Inca d’offrande à Pachamama, la “Terre Mère” en Quechua, mélange d’invocations, de danses et de chants. J’en prends plein les yeux pendant plus d’une heure.


Puis la fête se poursuit avec un festival de danses traditionnelles de la région. Nouvel émerveillement avec des tenues magnifiquement colorées, des chants superbes,…


Cette fête est également l’occasion de savourer un verre de Chincha, la bière Inca et de déguster quelques entremets typiques. J’ai vraiment eu une chance extraordinaire de passer ici à ce moment là. En fin d’après-midi je m’éclipse – le terme n’est pas vraiment approprié car je ne suis pas passé inaperçu, le maire de Limatambo m’ayant même remercié en public d’assister à la cérémonie – peu avant la fin de la fête car je dois trouver un lieu pour la nuit. J’entame alors une longue ascension d’une trentaine de kilomètres durant laquelle je croise un nouveau couple de cyclotouristes. Katia et Félix, suisses, voyagent depuis six mois à travers le Brésil, l’Argentine et le Pérou et arrivent à la fin de leur voyage, programmée à Lima (http://kfgosouth.blogspot.com/). 

Nouvel échange de conseils. Ils me recommandent le même hôtel à Cusco que le couple de la veille et me confirment qu’un suisse en vélo couché me précède de quelques heures. Après une douzaine de kilomètres, je demande la permission à des paysans de planter ma tente sur leur terrain en bord de route.

Afin de rattrapper le retard pris la veille, je me mets en route très tôt. Cela me permet d’effectuer les 20 derniers kilomètres d’ascension à la fraîche. Je passe le col à 9 heures et entame une belle descente. Je croise de très nombreux écoliers, tirés à quatre épingles, marchant sur le bord de la route avec des instruments de musique à la main. Arrivé au premier village, on m’apprend que c’est le jour du défilé des fanfares des écoles de la région. Je poursuis ma route et au bout de douze kilomètres, je m’aperçois que mon mât s’est brisé en deux et que la partie supérieure avec les drapeaux s’est fait la belle. Ça n’est pas la première fois que je perds mes drapeaux mais cette fois-ci, je suis sur une route fréquentée et ne suis donc pas très otpimiste. Je décide tout de même de faire machine arrière et remonte … jusqu’au col en interrogeant les gens que je croise. Hélàs, après deux heures d’effort, rien! Cette fois, je dois faire mon deuil de ces drapeaux, du moins jusqu’à la Bolivie où je pourrai hissé la banière tricolore rouge, jaune et verte. Je me console en me disant que j’ai fait un heureux.
Je poursuis ma progression à vive allure et arrive rapidement à Anta où je retrouve la piste pour la première fois depuis près de 1.500 kilomètres. Une piste difficile, en côte, mais qui aboutit à un sublime lac de montagne et où   je suis accompagné par des enfants rentrant de l’école. Puis je retrouve la route pour une superbe descente me menant à Urubamba, au coeur de la Vallée Sacrée des Incas.

J’ai parcouru près de cent kilomètres mais ma journée n’est pas terminée. Il me reste encore vingt kilomètres, à lutter contre un terrible vent de face, pour atteindre Ollantaytambo. Le dernier kilomètre, qui s’effectue en montée et sur des pavés est interminable mais après plus de 9 heures de vélo, je découvre un magnifique village Inca, vieux de 700 ans, où résidaient de hauts dignitaires Incas. Je compte donc m’établir ici quelques jours, d’autant qu’en plus des très intéressantes ruines, Ollantaytambo permet d’accéder par le chemin de fer  à la merveilleuse cité perdue des Incas : le Machu Picchu.

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