samedi 13 août 2011

Les ennuis mécaniques reprennent !

Après une bonne nuit, je continue ma descente sur près de 20 kilomètres durant laquelle j'ai le droit à des saluts chaleureux et de larges sourires. Arrivé à 2600 mètres d'altitude, et sous une chaleur accablante, j'entame avec prudence, une remontée, car je ne sais pas pour combien je vais en prendre. Et j'ai bien fait car je grimpe pendant 25 kilomètres jusqu'à San Luis, une charmante bourgade située à 3.300 mètres d'altitude. 
Après une pause au centre du village ayant donné lieu à des échanges forts sympathiques avec la population (une jeune femme m'a notamment demandé si elle pouvait venir avec moi sur mon porte bagage), je reprends mon ascension. La chaleur diminuant en ce milieu d'après-midi, il devient très agréable de pédaler. J'espère pouvoir atteindre pour le coucher de soleil, un lac situé à trois heures de marche à pied. Je ne devrais donc logiquement, pas mettre plus de temps (en côte sur piste, je roule à 5-6 km/h environ). Mais c'était sans compter les ennuis mécaniques.
Après une heure d'ascension, ma chaîne casse. Rien de grave cependant, je suis désormais un expert en la matière et répare en moins de dix minutes. Mais cela ne marche, quelque chose bloque. Je me dis alors que je suis allé trop vite et que j'ai du commettre une erreur dans la réparation. Je recommence, une fois, deux, trois fois, mais toujours rien. Une famille de paysans passant par là s'arrête et tente de m'aider. Mais rien, cela ne marche pas non plus. Alors que la nuit tombe, passe en vélo un homme du village voisin. Nous l'arrêtons pour étudier le circuit de la chaîne sur son vélo. Je réalise alors que le problème provient en réalité du dérailleur, qui a tout bonnement cédé. L'homme au vélo se met alors à me parler mais je ne comprends strictement rien à ce qu'il dit. Dans cette région, on parle en effet Quechua, langue des incas qui n'a rien à voir avec le castillan. Le paysan parlant également castillan, me traduit alors. L'homme au vélo me demande mes outils pour se lancer dans une incroyable réparation à la péruvienne. Pendant près d'une heure, à la lueur de la frontale, il tente de réparer le dérailleur à l'aide de ficelle et de fil de fer. Et ça marche … pendant cinquante mètres ! Finalement, le père de famille m'indique qu'au village voisin, situé à dix minutes à pied, je pourrai trouver demain un mécanicien !
Après avoir chaleureusement remercié l'homme au vélo pour sa tentative, je repère donc un terrain pour camper, a quelques mètres de là. Mais la famille de paysans m'invite à m'installer sur son terrain, situé juste en contrebas. J'accepte avec plaisir mais arrivé sur place, je déchante quelque peu car le terrain est en pente et en dévers et il m'est donc impossible de planter ma tente. Je décide alors de dormir à la belle étoile. Certes, je suis à 3.500 mètres d'altitude mais mon duvet est censé me procurer de la chaleur jusqu'à -20°. Ce sera donc un bon test et l'occasion de profiter du magnifique ciel étoilé de l'hémisphère Sud. Je cale mon tapis de sol avec de grosses pierres afin de ne pas glisser pendant la nuit et prépare mon repas devant le regard ébahit du père de famille et son jeune fils.


Puis ils me laissent dîner seul. Après avoir accroché toutes mes affaires à un arbre et les avoir reliées à mon alarme sonore, je m'endors, enrichi de ces belles rencontres.

Le lendemain matin à l'aube, alors que je m’apprête à lever le camp, le paysan me rejoint avec son fils et tous deux n’accompagnent chez le mécanicien. Devant un attroupement grandissant où je ne comprends pas grand chose, la plupart des personnes présentes s'exprimant en Quechua, le mécanicien arrive à effectuer une réparation temporaire.


Le dérailleur qu'il m'installe n'est en effet pas du tout adapté mais je peux tout de même changer quelques vitesses. Nous le positionnons sur les grands pignons pour me permettre de finir mon ascension.
Mais après seulement un kilomètre, c'est plutôt mal engagé car un maillon de la chaine cède. Je me dis que cela doit venir du nouveau dérailleur qui n'est pas rodé. Je répare rapidement mais un kilomètre plus loin, un autre maillon cède. Je pourrais être découragé mais après tous les ennuis mécaniques que j'ai connu, je prend cela avec fatalité. Je répare en chantonnant et me remet en route. Une route irrégulière, défoncée et  présentant des pourcentages allant jusqu'à 8 %, difficile donc. De plus, le nouveau dérailleur fonctionne très mal. La chaîne déraille régulièrement, m'obligeant à des pauses usantes tant mentalement que physiquement. Alors que je ne vois toujours pas arriver le lac, je croise deux 4x4, qui s'arrêtent. Il s'agit d'une équipe locale d'une agence de voyage italienne spécialisée dans le tourisme solidaire et responsable, en reconnaissance dans la région. Ils m'offrent un t-shirt à effigie de l'agence, des fruits, de l'eau et du coca-cola.

Après cette belle et revigorante rencontre, je repars plein d’entrain. Une heure après, j'atteins enfin le lac tant espéré, à 4.500 mètres d'altitude.  Encore une fois, mes efforts sont récompensés par un sublime paysage.



Après une ultime montée de deux kilomètres, j'atteins le sommet où j'ai l'agréable surprise de trouver une piste en bon état me permettant de jouir pleinement de la descente. Durant les vingt premiers kilomètres, j’évolue dans une nature sauvage époustouflante.


J'arrive ensuite dans une zone plus peuplée, moins idyllique, traversant des villages très pauvres. Le dérailleur fonctionne de plus en plus mal et j'arrive péniblement à Huari où je décide de prendre un hôtel. Demain, il me faudra de nouveau me pencher sur ¡Caramba! car je ne pense pas pouvoir faire encore beaucoup de route dans ces conditions...

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